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Meeting the "Mentally challenged" in Mumbai

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21 août 2008

Mayura

DSC00184Mayura est une jeune fille du centre Abilasha. Elle y vient depuis deux ans environ et a 21 ans. Elle est atteinte du syndrome de Down, ou trisomie 21. J'avais envie de parler d'elle parce que c'est une personne incroyablement touchante.
Mayura arrive généralement plus tard que les autres enfants. Lorsqu'elle se présente à la porte du centre, tous se retournent et lui souhaitent la bienvenue. Tout le monde est content de la voir. Elle semble également heureuse d'être présente, même s'il est très difficile de percevoir ses sentiments. En effet, autour de l'âge de 15 ans, Mayura a fait une dépression après laquelle elle a beaucoup changé. Si auparavant, elle parlait sans trop de difficultés et communiquait avec aisance, aujourd'hui, il est extrêmement rare de l'entendre formuler des phrases. Pourtant elle parle : toute seule ou à côté des autres, elle a régulièrement des sortes d'impulsions au cours desquelles elle élève la voix et la main pour murmurer des mots plus ou moins faciles à comprendre. On ne sait pas si elle nous parle, ou bien si elle se parle à elle-même ou à des "voix". Parfois, elle semble réagir aux sons de l'environnement extérieur, mais la plupart du temps ses "interjections" ne semblent par liées à ce qui se passe autour. Par ailleurs, après sa dépression, Mayura n'a pas prononcé un mDSC00260ot pendant un an... On a ainsi l'idée qu'elle a pu être traumatisée par quelque chose qu'encore aujourd'hui sa mère ne comprend pas.
Mais tout ça, ce n'est pas ce que l'on retient de Mayura. Ce dont on a envie de se souvenir, c'est de son contact incroyable : elle aime toucher, elle aime sentir la matière des objets ou la peau des gens... Ainsi, même si elle a l'air d'être dans son monde et qu'on a du mal à parler avec elle, lorsqu'elle nous prend la main et nous tripote les doigts, on sent qu'elle est là, très présente. Je pense que c'est la raison pour laquelle tous les enfants sont attachés à elle : on a tout de suite envie de s'occuper d'elle.
Sa mère nous raconte que le week-end dernier, alors qu'il s'est mis à pleuvoir, elle a doucement tendu la main à l'extérieur pour avoir la sensation de la pluie sur sa peau. Apparemment, ça a été pour elle un moment d'extase.
Le mercredi, jour du cours de danse, je passe une heure assise à ses côtés, lui donnant ma main pour qu'elle puisse s'amuser. C'est plus ou moins au rythme de la musique qu'elle se met ainsi à frapper dans ma main et à jouer avec mes doigts.
En ce qui concerne les ateliers, elle participe comme les autres enfants. Je lui fait peindre des Dihas, sorte de bougeoirs que l'on prépare pour la fête des lumières en octobre. Elle peint avec hésitation, mais elle peint, balançant doucement sa main au-dessus du moule en terre cuite et déposant de légères touches de couleur sur la surface à décorer. Je fais les retouches, mais reste quelque part très fière qu'elle soit capable de réaliser une partie du travail...
Il faut lui apporter une attention constante et passer beaucoup de temps à la stimuler. Mais voir parfois son sourire ou sentir qu'elle nous serre la main très fort est suffisant.

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20 août 2008

Hypnose colombienne

DSC00245Aujourd'hui je propose aux enfants une activité nouvelle : l'hypnose colombienne. Il s'agit de suivre avec sa tête la main de son hypnotiseur... Pas si simple... La plupart des enfants ont de gros problèmes pour se concentrer et maîtrisent mal leur corps. Il faut leur rappeler constamment de garder le regard fixe sur la paume de la main de l'hypnotiseur. Cela dit, si au début l'exercice leur semble difficile, il s'avère que non seulement ils apprécient, mais qu'en plus ils progressent petit à petit vers une plus grande concentration.
Les animatrices du centre me  disent que c'est un très bon exercice pourDSC00251 les enfants : il aide à la concentration. Mais aussi à l'établissement de liens dans un groupe... Je suis ravie, parce qu'aux premiers abords, en voyant les difficultés des enfants, je me suis dit que j'avais proposé quelque chose de trop compliqué ou d'inapproprié. En réalité, il faut aller au-delà des premières impressions et persévérer, c'est-à-dire continuer à croire qu'ils sont capables d'y arriver et d'évoluer.
Par ailleurs, ayant moi-même découvert cet exercice au cours d'un stage pratique et sachant ce qu'il peut donner, je ne peux m'empêcher dans un premier temps d'avoir des attentes quant à ce que peuvent en faire les enfants. Mais il faut apprendre que dans ce monde chaque personne, chaque groupe interprète et ré-invente ce qu'on lui met entre les mains. Ainsi, comme au cours de l'atelier danse, ce que font les enfants n'est pas forcément harmonieux et ne correspond par nécessairement aux "normes", mais on peut toujours  voir une forme de plaisir, d'apprentissage et de partage. C'est plus que suffisant pour sentir qu'on leur apporte malgré tout quelque chose...

16 août 2008

Raksha Bandham : la fête des frères

raksha_bandhan Aujourd'hui, c'est une fête hindou très populaire :Raksha Bandham. Les filles offrent à leur frère (biologique, cousin ou bon ami) un rahki : bracelet décoré, parfois richement, et le plus souvent de couleur vive. Plusieurs jours avant cette fête, on peut ainsi voir des milliers de bracelets venir fleurir les étals des marchands et ajouter au défilé de couleurs coutumier un peu plus de lumière et de brillant.
En échange du bracelet, les frères doivent faire un présent à leur sœur. Cela peut-être un petit objet ou bien de l'argent.
Hier, au centre, Amina a demandé aux deux filles, Pratibha et Nazneen, d'offrir un rahki aux garçons dont elles se sentaient le plus proches. Ils ont tous été contents de pouvoir utiliser les rahki qu'ils avaient confectionnés aux-mêmes et qui n'avaient pas été vendus...

15 août 2008

Independance day

Aujourd'hui, c'est férié...
L'inde est indépendante depuis le 15 août 1947.

14 août 2008

Il fallait bien que ça arrive...

Et oui, je suis finalement tombée malade. Après presque deux semaines de résistance, mon estomac me lâche et je reste à la maison pour la journée, manquant la journée au centre... Il paraît que les enfants ont demandé après moi... Ca fait plaisir...

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13 août 2008

"Varun, work !"

DSC00110Pour ce deuxième jour, le programme est sensiblement le même. L'activité physique du matin consiste à marcher droit le long d'une corde posée au sol, puis de sauter d'un côté et de l'autre. Cela peut sembler facile, mais pour certains enfants, la tâche se révèle parfois compliquée, le manque de concentration et de confiance en soi venant s'ajouter aux problèmes d'équilibre corporel. Les enfants semblent tout de même apprécier ce genre d'activités stimulantes. Ce qui me touche également, c'est la patience et la compréhension avec lesquelles les enfants se comportent les uns par rapport aux autres. Jamais aucun ne se moque ou presse ses camarades plus en difficultés. L'esprit de compétition et la rivalité qui peuvent exister au sein de certains groupes sont totalement absentes des rapports que les enfants entretiennent entre eux...
Après cet échauffement, nous passons au workshop : aujourd'hui, DSC00122c'est broderie. De la même manière, certains sont beaucoup plus à l'aise que d'autres. Ainsi, une moitié des enfants travaillent seuls à la réalisation de fleurs brodées, tandis que l'autre apprend les rudiments de la couture. Pour ces derniers, il s'agit simplement de savoir faire passer un fil dans un canevas selon un enchaînement de mailles régulier.
Je m'installe à nouveau avec Varun. Pour lui, l'activité est  assez compliquée parce qu'il a un léger handicap à la main gauche. On lui donne donc un canevas en plastique, un gros fil et une aiguille. Ce qui est difficile avec Varun, c'est qu'il faut lui rappeler constamment de continuer sa tâche : lorsqu'il a passé le fil dans un trou, il s'arrête, pose parfois son aiguille, et regarde ses camarades, la rue ou le plafond. Il faut doncDSC00138 lui rappeler après chaque geste de continuer : "Varun, work, go on"... C'est assez épuisant et il faut être patient. On a parfois du mal à envisager qu'il puisse oublier ou ne pas comprendre quelque chose que l'on répète plusieurs fois et de façon simple. Mais en ce qui le concerne, cet "oubli" s'opère presque partout : on peut parfois le voir au déjeuner, la nourriture dans la main, figé, regardant ses camarades tranquillement. Il faut alors même lui rappeler de manger, "Varun, eat !" Mais les choses sont ainsi et malgré tout, je sens à la fin de l'atelier qu'il travaille avec un peu plus d'aisance, du moins, il réagit plus vite à mes interjections...
Le mercredi après-midi, il y a l'atelier danse : Mumta, une jeune danseuse vient apprendre des chorégraphies aux enfants. Ils commencent par répéter celle qu'ils connaissent déjà puis entament un nouvel enchaînement après avoir écouté une premièreDSC00139 fois le nouveau morceau de musique. Les enfants sont très enthousiastes, mais tous n'arrivent pas à suivre. Seuls Pratibha, la danseuse, Venkatesh, Nazneen et Nikunj arrivent à retenir les pas. Les autres restent malheureusement en retrait tout en se mouvant faiblement au rythme des chansons. Je suis tout de même ravie de voir le sourire sur le visage de ceux qui sont plutôt à l'aise corporellement. Les mouvements ont beau être parfois maladroits, le cœur y est et ça se voit !
La journée se finit donc bien, et sur une note de gaieté. Les parents viennent chercher les enfants qui s'en vont le sourire aux lèvres.

Je découvre petit à petit l'univers du handicap et m'habitue à la temporalité singulière de ces centres d'accueil : patience et compréhension sont notamment de rigueur. Le sourire des enfants et leurs progrès, petits ou grands, invitent tout de même à continuer l'aventure et à être présent chaque jour, tout comme eux qui attendent toujours de rencontrer et d'apprendre, à leur rythme particulier.

12 août 2008

First day at Abhilasha center

DSC00097Abhilasha : celui qui persévère.

La journée commence plus tôt qu'à Advitya. Amina et moi arrivons vers 9h et les enfants viennent progressivement entre 9h30 et 10h30. Ils sont tous intéressés par ma présence, qui semble soit les étonner soit les intimider. Les deux filles présentes aujourd'hui, Pratibha et Nazniin, plus curieuses que les garçons, essaient immédiatement de se renseigner : "Who is she ?" demandent-elles à Amina en rentrant dans la salle...
Une fois que tout le monde est installé, nous pouvons débuter la journée : nous commençons tous par nous lever pour réciter une petite prière et chanter l'hymne national. Ensuite, c'est la classe : aujourd'hui, les enfants racontent leur week-end prolongé par la pluie, puis épellent leurs prénoms pour que je puisse les écrire dans mon cahier. Ils essaient ensuite d'épeler le mien : ils s'en tirent très bien, à part avec le -h, caché au milieu. Puis l'heure de la récréation arrive et les enfants grignotent de petits gâteaux ou des friandises indiennes, tandis que nous prenons le thé dans une pièce séparée, depuis laquelle nous pouvons cependant les surveiller grâce à une grandDSC00102e vitre.
Nous préparons ensuite ensemble le matériel pour l'atelier : du papier journal afin de protéger les tables, les colles, les "sticks" pour poser la colle, les paillettes, les enveloppes, etc. Chacun s'installe à sa place : Venkatesh, Pratibha, Nikunj, Ryan, Nazniin, Varun et Diippak. Certains s'occupent de décorer des enveloppes quand d'autres s'affairent sur les sacs d'Anjali (centre Advitya) qui a besoin d'aide pour finir ses propres commandes dans les temps. Seul Diippak ne participe pas au "workshop" parce que les mouvements lui sont très difficiles et qu'il a une mauvaise vue. Il joue donc avec la "nail box" : il enfonce des clous dans les trous d'une boîte en bois qu'il cherche avec ses doigts. Il choisit toujours ce jeu au moment des ateliers et semble s'y amuser.
Après environ une heure de travail, nous rangeons le matériel pour le déjeuner. Les enfants s'installent et Ryan distribue des sets de table à tout le monde. Amina demande à chacun ce qu'ils ont apporté à manger et s'assure que personne ne fait de bêtise avant que nous allions nous mêmes nous installer dans la pièce à côté. Quand les enfants ont fini, ils rangent leurs affaires et vont se laver les mains. Ils s'assoient ensuite par terre en cercle et jouent à un jeu typiquement indien, le "Karam". Il s'agit de DSC00103comptabiliser le plus de points en envoyant des pièces de couleur dans les trous du plateau de jeu. Bien qu'ils ne suivent pas les règles, les enfants semblent apprécier ce moment de jeu ensemble et sans nous. Diippak vient également nous voir de temps en temps : il cherche à s'installer avec nous dans la petite pièce, même s'il sait qu'il n'en a pas le droit. Il ne veut rien nous dire en particulier, mais semble vouloir absolument rester en notre présence. Nous l'invitons quand même à aller s'installer avec ses camarades, ce qu'il fait temporairement avant de revenir vers nous, à la fois intimidé et souriant...
Cet après-midi, nous avons encore du travail à faire : la mère de Varun a commandé des enveloppes et nous devons les finir. Nous ré-installons donc le matériel pour une petite heure.
L'école finit à 15h. Les chauffeurs ou les parents des enfants viennent les chercher tranquillement pendant que nous finissons d'emballer les enveloppes à toute vitesse.

Cette première journée s'est très bien passée. Les enfants ne semblent pas dérangés par ma présence et Pratibha me demande même si je vais revenir demain. Sans aucun doute et avec plaisir, je reviendrai demain...

11 août 2008

Rain and Yoga

Aujourd'hui devait être mon premier jour à Abhilasha (celui qui persévère), mais à cause de la pluie, Amina, qui dirige le centre, a dû décider de le fermer. En effet, ne sachant pas si les enfants pourraient venir facilement et surtout s'ils pourraient rentrer sans trop de problème, elle préfère leur dire de rester chez eux pour la journée... Nous restons cependant quelques heures au centre, où nous mêmes nous sommes rendues sans être sûres des contidions, et préparons le travail des prochains jours pour les enfants.

J'ai par contre été à mon premier cours de Yoga en Inde : une grande salle avec une trentaine d'élèves et deux professeurs, de gros ventilateurs qui font beaucoup de bruit et des instructions lointaines en anglais... Je réussis quand même à comprendre et à faire les mouvements sans trop de peine.
Sujet de méditation du jour : "Forgiveness". This is a good start.

10 août 2008

Visite du centre-ville

Aujourd'hui, dimanche, on m'emmène dans le centre-ville de Bombay, c'est-à-dire au sud. A partir d'un certain point, les Rickshaws ne sont plus autorisés en ville et la circulation devient immédiatement plus facile. L'atmosphère est très différente "in town" : les rues plus propres sont parsemées d'immeubles au vieux style anglais, le bruit est moins envahissant et la population plus aisée. La proximité de la mer et des grands bâtiments historiques a pour cause l'aflux de touristes, beaucoup plus nombreux dans cette zone de Bombay.
Je fais les magasins et profite d'un tour rapide mais suffisant des "site seing" importants en voiture. Un arrêt au bord de la mer me permet de découvrir la très belle vue dont jouissent quotidiennement les propriétaires de magnifiques appartements donnant sur l'océean.
NB : le dimanche, il y a moins de monde dans les rues...

8 août 2008

Car Jamming : not a very good song...

Journée chargée et pleine d'émotions.
Je passe d'abord au centre Advitya pour dire au revoir aux enfants. En effet, la semaine prochaine, je commencerai dans une nouvelle école. Je travaille donc une petite heure aux côtés d'Himani : à nouveau la colle et les paillettes. Je suis obligée de partir avant le déjeuner et salue donc les enfants rapidement pendant qu'ils s'installent. C'est avec un peu de tristesse que je les quitte, même si je sais que je les reverrai à l'occasion avant de partir. On s'attache vite...
Sur le seuil de la porte je remercie Madhvi, l'assistante d'Anjali, absente ce jour là : l'opportunité de découvrir de telles structures n'est pas toujours aussi aisée en France, les psychologues et autres étant malheureusement toujours débordés. Il m'a été ici facile de pénétrer dans un lieu hors du commun où les gens sont accueillants et les rapports humains différents et conviviaux.

DSC00059Je me rend ensuite au "Taj Hotel" de Bandra où je retrouve ma mère et mon beau-père. En passant le pas de la porte monumentale de cet hotel de luxe, je prend un peu plus conscience du fossé qui existe entre les différentes couches de la société indienne. Quand, à deux pas certains luttent pour trouver de quoi manger, d'autres prennent tranquillement le thé dans le calme et la volupté.
Bien sûr, toute société souffre de ses paradoxes et nous n'avons pas de leçon à donner : des gens meurent de froid autant que de chaud dans nos rues, et l'on peut travailler et dormir dans sa voiture autant que l'on peut avoir un job et être obligé d'élever ses enfants dans un bidon-ville à l'autre bout du monde... Mais il m'est pourtant difficile de me trouver face à la réalité de façon si crue.
Je parviens tout de même à profiter de la vue depuis l'hôtel : l'océan se déchaînant, le vent à ses côtés, sur le rivage de la plage où quelques personnes se promènent, malgrè la violence du temps, afin de s'éloigner, pour un temps, du chaos de la ville...

india_mumbai_traffic_jam_bestLe soir venu, il est temps pour moi de rentrer. Le trajet de Bandra, où loge ma mère, à Powai, une des nouvelles banlieues de Bombay, fait moins de 20 kilomètres. Pourtant, nous avons mis deux heures à arriver et j'ai bien cru mourir une centaine de fois en chemin...
Le taxi que nous trouvons n'a qu'un seul phare en état de marche. Qu'à cela ne tienne, de toutes façons, le chauffeur ne l'utilise pas. Par contre, il ne cesse d'essuyer le pare-brise et les vitres de sa voiture en quittant la route des yeux, ce qui ne manque pas de nous faire "chavirer" régulièrement. Lorsqu'il frenne brusquement, c'est-à-dire toutes les cinq minutes, nous sommes projetés vers l'avant et un objet cylindrique vient nous frapper le bas du dos à travers la paroi, que l'on suppose donc presque inexsistante, qui sépare les sièges arrières du coffre. L'atmosphère dans les bouchons est étouffante et l'on croit suffoquer. Obligés d'ouvrir les fenêtres malgrè la pluie, nous devons par ailleurs nous précipiter sur les manivelles pour remonter les vitres dès que l'on passe à proximité d'une marre éphémère. En effet, les conducteurs les plus téméraires n'hésitent pas à traverser à vive hallure les immenses et profondes flaques d'eau engendrées par la pluie dilluvienne et à éclabousser au passage piétons et voitures alentours.
Je passe les détails de la conduite délurée de tous les chauffeurs de taxi et de Rickshaws et ceux du notre en particulier. Mais ne voyant pas le bout de notre trajetraffic_jam1t, ne sachant pas si le chauffeur a bien compris où nous allons et ne reconnaissant aucune des routes que nous empruntons, je n'échappe pas à une petite crise d'angoisse que je calme en regardant la pluie tomber inlassablement et si paisiblement.
Finalement, nous parvenons à rire un peu : à trois serrés comme des sardines sur la banquette arrière, le chauffeur s'amuse de voir que l'un d'entre nous touche le plafond... Il nous rassure sur ses capacités à nous mener au bon endroit, même si jusqu'au bout un doute persiste : aucune indication ne confirme que nous sommes sur la bonne route. Mais encore une fois, puisque arrivée entière à destination, il nous confirme que malgré l'agitation et le chaos, les Indiens savent garder leur calme et avancent tranquillement à travers les épreuves...

Dans la rue, un panneau publicitaire dit : "The things that bother you are the things that control you." Some good advice to think about...


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